Val d’Akor

Un défi à relever ensemble

L’organisme à but non-lucratif Val d’Akor a été fondé en mai 2009 dans le but d’accueillir des jeunes et leur offrir un lieu d’écoute, de travail et de vie communautaire. Il leur propose un accompagnement dans la prise en charge de leur vie vers une plus grande autonomie affective, vers plus de liberté intérieure et dans la découverte du sens de leur vie. Toutefois, l’organisme a acquis en juillet 2017 une fermette devant permettre d’élargir son action et de bâtir un lieu propice à la réflexion, au recueillement et à la détente pour toute personne désireuse de se ressourcer, de trouver des réponses à ses questions existentielles à partir d’un contact avec la nature et d’un accompagnement, de retrouver son identité profonde, de se recentrer sur l’essentiel ou, tout simplement, de se reposer. Val d’Akor veut donc proposer des éléments de réponse au mal de l’âme de notre temps, un espace pour la vie intérieure et l’écoute des personnes blessées et souffrantes.

Outre l’intention première de travailler au développement intégral de la personne, ce projet s’inscrit dans une perspective de lutte aux changements climatiques en voulant recréer des écosystèmes axés sur la biodiversité et promouvoir la production d’aliments sains pour la santé à partir d’une empreinte écologique minimale.

De nombreux défis nous attendent au cours de la prochaine année.  L’accueil des personnes en périphérie, notamment les jeunes et les familles démunies, constitue l’une de nos priorités.  Aux jeunes, principalement ceux aux prises avec des dépendances ou à risques, nous proposons un plateau de travail fondé sur une approche agroécologique: maraîchage sur sols vivants, fabrication de compost, petit élevage, fabrication de nichoirs, répartition juste et équitable des ressources. Le volet pastoral est d’abord axé sur la relation : prendre le temps de créer des liens de confiance avec des ados et des jeunes adultes à partir de leur vécu actuel, apprivoiser des enfants issus de familles marginalisées, créer des liens d’amitié et d’entraide avec les parents. Nous voulons aussi redémarrer les célébrations pour jeunes familles où, à partir d’une activité profane, nous réfléchissons ensemble sur notre vécu en lien avec la Parole de Dieu.

Afin de mettre en œuvre ces différents objectifs, il sera important au cours de l’année de consolider un réseau de soutien financier et humain, bâtir des partenariats, chercher des commanditaires, organiser des activités qui vont permettre d’asseoir le projet sur une base financière suffisamment solide pour assurer sa pérennité et la réalisation de sa mission.

Je ne peux taire les nombreuses difficultés qui jalonnent notre route, que ce soit les préoccupations matérielles, le manque de ressources humaines compétentes, notamment au niveau administratif, la précarité des moyens dont on dispose pour atteindre nos objectifs, la méfiance de certaines gens aussi devant l’ampleur de ce projet et la pauvreté des moyens pour le réaliser.

Je crois que ce projet appartient à Dieu et nous faisons confiance à la Providence mais il ne pourra se réaliser pleinement qu’avec la collaboration d’un grand nombre de personnes.

Le projet de Val d’Akor a été adopté par l’équipe pastorale de la Paroisse Sainte-Famille de Valcourt comme projet pastoral.     Il veut révéler leur beauté à des personnes brisées et souvent cataloguées socialement et susciter en elles un sentiment d’appartenance à une communauté vivante et fraternelle, accueillante aux plus démunis et ouverte au partage et à l’entraide. Nous voulons vivre davantage cette fraternité en cohérence avec des valeurs de justice, de vérité et d’amour inconditionnel.

Nous espérons que Val d’Akor devienne un signe de la présence de Dieu dans notre monde, un Dieu qui se fait proche de ceux qui crient et qui souhaite que nous soyons fidèles à notre identité profonde et pleins de vie.

Nous avons besoin de chacun de vous pour construire ensemble l’Église de demain…et pour survivre!

 

Je ferai du Val d’Akor une porte d’espérance (Osée 2, 17)

 

Cécile Delisle, coordonnatrice

Rapport d'activités 2020

Introduction

L’année 2020 tire à sa fin en laissant sa marque historique!  Que d’imprévus et de contraintes, sources d’insécurité aussi bien pour les individus, les familles et les entreprises de tout acabit!  Val d’Akor, à l’instar de nombreuses autres entreprises, en ressort ébranlé et fragilisé mais fier d’être toujours là.

Avant de poursuivre sur la situation même de Val d’Akor, je ne peux taire le décès de Monsieur André Delisle survenu le 21 février 2020, à la suite d’une tumeur au cerveau.  Les mots me manquent pour exprimer toute ma reconnaissance envers cet homme droit et généreux qui a eu un coup de cœur pour le projet de Val d’Akor, y a cru et s’est donné corps et âme pour qu’il prenne forme dans sa phase actuelle et se déploie.  Nul doute que sans lui, nous ne serions pas là!  J’en profite également pour souligner la contribution de ses proches et amis qui ont collaboré financièrement en son hommage. Merci tout particulièrement à sa conjointe Suzanne qui, malgré son propre combat contre la maladie, n’a cessé de nous accompagner et de nous apporter son soutien sous toutes les formes. Soyez tous et toutes grandement remerciés!  Merci aussi à tous les autres bienfaiteurs et bénévoles qui, par leurs contributions, ont permis à Val d’Akor de maintenir ses activités, notamment auprès des jeunes.

Principales activités réalisées

L’année 2020 a été confrontée à une situation de crise au niveau mondial due à la pandémie de COVID-19.  Nous avons dû comme toute entreprise nous ajuster aux exigences constamment révisées des instances gouvernementales.  Toutefois, l’organisme étant reconnu comme entreprise agricole et dûment enregistrée au MAPAQ, nous étions classés parmi les activités prioritaires et de ce fait, avons pu poursuivre toutes nos activités à caractère agricole moyennant le respect des consignes émises par les gouvernements et le MAPAQ.

Je tiens à mentionner immédiatement que toutes les autres activités prévues à partir de mars touchant les volets communautaire et pastoral, ont dû être annulées ou modifiées.  Comme plusieurs d’entre elles visaient la création d’un lieu d’appartenance et de soutien, il est certain que leur annulation nous a fragilisés financièrement et rend plus difficile la création de liens fraternels entre les différentes personnes qui côtoient et soutiennent l’organisme.  Par ailleurs, puisque l’organisme ne pouvaient démontrer une perte de revenus conséquemment à l’annulation de ces activités, il n’était admissible à aucune aide d’urgence.  Plus tard en saison, nous enregistrions au contraire une hausse des revenus issus de nos activités maraîchères de plus de 50 % comparativement à l’an dernier, rendant en conséquence l’organisme inadmissible à toute aide gouvernementale d’urgence.

Sans être exhaustif, voici donc un portrait des activités réalisées durant l’année financière 2019-2020 :

Volet agricole :

  • Participation de quelques jeunes adultes et bénévoles à la récolte d’eau d’érable
  • Maintien du plateau de travail en maraîchage écologique pour des jeunes ados et adultes atteignant une masse salariale de plus de 25 000 $
  • Réalisation de toutes les activités à l’extérieur liés au maraîchage : préparation des sols, apports d’amendements organiques sous forme de compost ou de paillis; semis et transplantations; désherbage, binage et sarclage; arrosage; pose de filets pour les plantes grimpantes, de filets anti-insectes et de couvertures de protection; détection et lutte contre les maladies, carences et ravageurs; fabrication et utilisation de purins; cueillette de petits fruits (fraises, framboises noires et bleuets); récolte de légumes, nettoyage et lavage des légumes pour la vente, …)
  • Pratiques de méthodes limitant le travail du sol

 .  Pose de toiles d’occultation

 .  Paillis organiques et inertes

  • Participation de plus jeunes femmes bénévoles et d’une contrevenante
  • Augmentation des rendements et des revenus maraîchers malgré les canicules et la sécheresse
  • Plantation de quelques arbres et arbustes
  • Visite des lieux en début juin par un agronome et une technicienne du Club environnemental de l’Estrie et jumelage en vue de dépôt de projet dans le cadre du Programme Prime-Vert du MAPAQ
  • Dépôt et acceptation d’une demande de subvention dans le cadre du volet Lutte contre les pesticides du programme Prime-Vert permettant l’achat de toiles d’occultation et de filets anti-insectes
  • Travail sur la structure d’un abri d’auto pour le modifier en petite serre (par des bénévoles).  Montage non terminé.
  • Entretien des bâtiments, désinfection de l’étable
  • Montage et retournement de tas de compost (plus de 12 tonnes)
  • Entretien des allées de jardin au coupe-bordure
  • Dépôt de projet pour une subvention dans le cadre du Programme d’Emplois d’Été Canada et attribution d’un montant de plus de 8000 $ pour l’embauche de deux jeunes
  • Petit élevage de poules pondeuses
  • Accueil de visiteurs et service aux clients

 

Volet communautaire et pastoral

  • Écoute et accompagnement de quelques jeunes adultes
  • Préparation d’un atelier d’argile (l’intéressé ne s’est pas présenté)
  • Accueil et écoute de visiteurs
  • Marche de l’Espérance le 19 septembre 2020

 

Volet administratif

  • Finalisation des états financiers 2019
  • Étude du Programme de Préparation à l’Investissement pour dépôt éventuel de projet (Aucun projet n’a finalement été déposé)
  • Identification des lacunes administratives et pistes de solution
  • Réflexion et étude autour des améliorations locatives possibles pour être plus fonctionnels
  • Démarches auprès du curé et du Conseil de Fabrique pour l’obtention d’une autre année de transit pour les dons, permettant d’émettre des reçus pour fins d’impôt
  • Amorce d’élaboration d’un plan financier sur trois ans pour recherche de financement substantiel auprès de diverses entreprises
  • Démarches auprès de la Caisse populaire pour dépôt éventuel de projet via le Fonds du Grand Mouvement Desjardins
  • Recherche de financement

 

Fondation Béati

Depuis septembre 2019, la Fondation Béati a adopté le projet de Développement intégral de la personne présenté par Val d’Akor et nous a accompagné humainement et financièrement.  Une année de consolidation nous a été octroyée en octobre 2020 afin de nous permettre de réaliser pleinement notre plan d’action.  Je tiens à remercier chaleureusement la Fondation pour la confiance qu’elle nous témoigne.

Sachant que Béati soutient des projets structuraux portant le potentiel d’un impact au niveau régional, il m’apparaît difficile d’affirmer à ce moment-ci que ce passage a été atteint. Val d’Akor cherche à étendre son action sur différents plans, portant, d’une part, le souci de l’épanouissement de la personne dans son entité, du physique au spirituel, en passant par le psychologique et les relations sociales; d’autre part, le souci de la santé de nos écosystèmes et de la lutte contre les changements climatiques, adoptant pour y arriver une approche agroécologique. 

À nos yeux, ces deux pôles d’intervention s’entrecroisent et sont liés intimement.  Le caractère innovant de l’approche semble rejoindre et interpeller les laissés-pour-compte de nos sociétés et ils y pressentent une occasion de croissance   et de contribution à l’avènement d’un monde meilleur. 

Les activités proposées dans le plan d’action initialement soumis à la Fondation constituent des moyens concrets pour réaliser nos objectifs.  Toutefois, nous sommes encore très loin des résultats escomptés et d’un minimum de rentabilité.  Quant au côté administratif, il semble que les nombreuses lacunes de structure identifiées en déconcertent plusieurs et constituent un obstacle de taille pour la réussite du projet, une entrave pour l’expansion et le rayonnement de l’organisme.

Pourtant, malgré toutes ces réalités, il est possible d’entrevoir de multiples facettes révélant une progression dans la croissance de l’organisme.  En voici quelques exemples :

  • L’amélioration lente mais progressive de la santé de nos sols, gage d’une promesse de fertilité et de rendement (Cf. Photo en annexe)
  • La motivation grandissante des jeunes et leur adhésion de cœur à ce projet
  • L’épanouissement visible des quelques jeunes adultes investis dans ce projet : ouverture et expression de leur vécu, regards allumés et plus souriants, entrain au travail, meilleure sociabilisation.  Même les visiteurs et les clients réguliers remarquent ces changements
  • Visites de jeunes adultes en quête de sens, d’écoute et d’accompagnement
  • Implication de jeunes femmes comme bénévoles
  • Familiarité grandissante et gestes de fraternité entre des clients et des visiteurs qui s’entrecroisent sur les lieux, laissant pressentir l’émergence d’une fraternité latente.
  • Reconnaissance de l’organisme comme projet pastoral missionnaire au niveau de la paroisse et du diocèse
  • Achalandage plus marqué en saison des récoltes pour achat local
  • Contacts et suivis avec et par diverses instances :  MAPAQ, Club environnemental de l’Estrie
  • Crédibilité accrue auprès de programmes gouvernementaux : Emplois d’Été Canada, Programme Prime-Vert
  • Instauration de multiples tableaux Excel facilitant la tenue de livres
  • Venue de nouvelles personnes compétentes au sein de l’organisme
  • Soutien fidèle de quelques bienfaiteurs qui croient au projet
  • Et j’en passe…                                                                                                                                     

J’aimerais utiliser ici l’image du champignon : avant qu’il n’émerge subitement du sol, des filaments se dessinaient sous le sol pendant plusieurs mois jusqu’à former un réseau complexe que l’on appelle mycélium.  Il aura fallu des mois de préparation invisible à nos yeux pour voir surgir le champignon en une seule nuit…

Perspectives pour 2021

Val d’Akor fait face à de nombreux défis, d’où l’importance d’une réflexion autour du mode de fonctionnement actuel afin d’amener une répartition plus équilibrée des tâches parmi les personnes impliquées.  L’embauche d’une adjointe à la responsable à raison d’une journée ou deux par semaine s’avérerait sans doute une piste de solution pour régulariser la situation au niveau administratif et nous permettre par la suite de procéder à la demande d’obtention du statut d’organisme de bienfaisance.  Cette personne pourrait aussi avoir le mandat de travailler à la consolidation des différents réseaux de soutien et de ventes, de même qu’à la recherche de financement.  Il serait important de poursuivre la tenue d’événements et d’activités communautaires compatibles avec la situation sanitaire actuelle, d’où la nécessité de réinventer des façons de faire grandir les liens d’appartenance à Val d’Akor et d’accroître la visibilité de l’organisme au niveau régional.

Côté agricole, il nous apparaît important de jumeler nos efforts auprès des personnes-ressources du Club agroenvironnemental de l’Estrie afin de déposer un projet d’exploitation d’une partie de la grande parcelle dans le cadre d’un des volets du programme Prime-Vert.  Il est légitime de croire que l’approche agroécologique que nous pratiquons suscite un intérêt au niveau régional auprès des petits exploitants agricoles en quête d’interventions agricoles innovantes et respectueuses des écosystèmes et de la biodiversité.  Les méthodes susceptibles d’accroître la résilience aux changements climatiques sont bienvenues et recherchées.

Conclusion

En citant ces quelques réalisations, force est de constater que l’organisme n’a pas encore assurer sa pérennité et que de nombreux obstacles doivent être surmontés.  Nous pouvons être fiers des progrès réalisés mais nous ne pouvons faire abstraction des lacunes administratives qui nous bloquent. Même si l’on peut soutenir que la gestion de cet organisme ne doit pas se faire entièrement selon le mode d’une entreprise à but lucratif et selon les modèles du monde des affaires actuel, il nous semble impératif de procéder à une restructuration globale de l’organisme et de s’adjoindre les personnes compétentes susceptibles de nous aider à progresser.  Nous demeurons confiants que nous trouverons autour de nous des personnes qualifiées et sensibilisées à la mission fondamentale de l’organisme qu’est le développement intégral de la personne. Il nous apparaît important de concilier la valeur fondamentale l’organisme qu’est la primauté de la personne à une gestion administrative pouvant garantir notre survie.

Il est temps pour l’organisme d’établir un bilan des résultats et de faire une étude exhaustive des moyens dont il dispose et dont il aura besoin pour mieux accomplir sa mission.  Il nous faudra identifier les ressources disponibles pour rencontrer les objectifs et mettre en œuvre les solutions entrevues.  Afin d’assurer son développement, l’organisme semble confronté à un défi d’appropriation collective : comment passer de la vision d’une personne soutenue et appuyée par une communauté à un projet porté par une communauté?  Quels sont les moyens à mettre en place pour en paver la voie?

En conclusion, nous aimerions que Val d’Akor devienne une référence dans notre milieu, tant comme lieu de ressourcement et de croissance personnelle que comme modèle innovateur et inspirant pour les adeptes d’une agriculture à échelle familiale respectueuse de notre environnement.  Nos sols vont renaître tout comme les jeunes accueillis sur les lieux apprennent à s’émerveiller à nouveau devant la vie; nous espérons ainsi la naissance d’une communauté fraternelle inclusive animée d’un sentiment d’appartenance à Val d’Akor et remplie d’espérance et de confiance en ce Dieu qui pourvoit.

 

Je ferai du Val d’Akor une porte d’espérance (Osée 2, 17)

 

Cécile Delisle

17 décembre 2020

Voici nos produits en vente présentement:

Commandez par téléphone: 450-535-6018

Appelez pour réserver! Quantités limitées