Dans cette chronique, nous allons parler des diverses fêtes que l’on soulignait au Québec de la Sainte-Catherine jusqu’à la mi-carême. Elles se nomment fêtes populaires ou religieuses, fêtes de village ou soirées familiales, fêtes oubliées ou toujours célébrées… On fête souvent et parfois la célébration s’étale sur plusieurs jours. Plusieurs de ces fêtes sont encore fort populaires mais certaines sont oubliées, sorties de la tradition.
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31 DÉCEMBRE : MON DIEU BÉNISSEZ LE NOUVEL AN
Toutes les cultures célèbrent l’arrivée de la Nouvelle Année. La date varie selon les traditions, mais correspond très souvent au début du printemps. En Occident, c’est depuis la réforme du calendrier romain par Jules César, en l’an 46 avant notre ère, que le premier janvier marque le début de l’année. Toutefois, il faut attendre l’adoption de notre calendrier moderne – le calendrier grégorien, en 1582 – pour que le premier janvier devienne véritablement le premier jour de l’année. Avant cela, selon les époques et selon les pays, le début de l’année est fixé à Noël, à Pâques ou le 25 mars (c’est-à-dire, neuf mois avant la naissance du Christ). Le premier janvier revêt également un caractère religieux, puisque cette date correspond dans le calendrier liturgique catholique à la circoncision du Christ, signification pratiquement oubliée aujourd’hui.
1er JANVIER : LA BÉNÉDICTION PATERNELLE ET FAIRE SON JOUR DE L’AN
Au Québec, Il faut attendre la deuxième moitié du 17e siècle pour que les gens commencent à célébrer le Nouvel An. Entre cette époque et les années 1940, la façon de célébrer cette fête évolue peu.
Dans le Québec d’autrefois, la bénédiction paternelle constituait l’un des moments forts de la Nouvelle Année. Elle réaffirme l’autorité du père et précède la messe où toute la famille se rend, avant d’aller partager un repas chez les grands-parents. Depuis l’époque de la Nouvelle-France, le Jour de l’An est avant tout l’occasion de visiter ses parents et amis et de leur offrir vœux et présents, communément appelés étrennes. Tôt le matin du premier janvier, les hommes sont nombreux à faire la tournée du village pour souhaiter la Bonne Année et embrasser la maîtresse de chaque maison.
Par ailleurs, à partir du 19e siècle, la tradition de visiter tous et chacun au Jour de l’An donne naissance à l’envoi des cartes de souhaits. D’abord introduite chez les bourgeois de la ville – qui achètent des cartes de visite sur mesure à l’occasion du Nouvel An – cette tradition devient rapidement populaire auprès de tous.
Quant à l’échange des étrennes, il est répandu à travers toutes les couches de la société, C’est un moment vivement attendu par les enfants qui se délectent d’oranges, de bonbons et de jouets. Ce n’est que sous les influences anglaise et particulièrement américaine que l’échange des cadeaux se transporte graduellement du jour de l’an au soir de Noël. Il en est de même pour l’envoi des cartes de souhaits.
Le Nouvel An était l’occasion pour l’aîné des enfants de chaque foyer, de demander au patriarche, la bénédiction pour toute la famille. Ému, celui-ci procède alors à la bénédiction de sa progéniture, agenouillée devant lui. Cette « scène » traditionnelle était encore courante, jusque dans les années 1960.
Bénédiction paternelle [tiré de l’Album Nos Canadiens d’autrefois, Montréal, Granger Frères, 1923] 1912 Edmond-Joseph Massicotte
La visite du Jour de l’an au temps passé 1926 – Edmond-Joseph Massicotte
Le Traditionnel gâteau des Rois -1926 Edmond-Joseph Massicotte
6 JANVIER : L’ÉPIPHANIE OU LA FÊTE DES ROIS
«Entrant alors dans le logis, ils virent l’enfant avec Marie sa mère, et, se prosternant, ils lui rendirent hommage; puis, ouvrant leurs cassettes, ils lui offrirent en présents de l’or, de l’encens et de la myrrhe.» (Matthieu, II: 11)
L’Épiphanie, communément appelée fête ou jour des Rois, est célébrée le 6 janvier. Traditionnellement, Après les Bergers de Bethléem, ce sont les Rois mages qui trouvèrent les premiers le lieu de naissance du Messie, pour l’adorer et lui offrir des présents. C’est pourquoi la tradition populaire les associa rapidement à la célébration. Il est une coutume très répandue le jour de l’Épiphanie: la confection de la galette des Rois. Ce jour-là, on cuisine une grosse galette apparentée à la brioche, dans laquelle on cache une fève. La personne qui trouve la fève, dans sa part de galette, est nommée roi ou reine de la journée.
LA LÉGENDE DES ROIS MAGES
Les Rois mages sont des personnages mystérieux dont on sait peu de choses à l’origine, mais que les traditions populaires et religieuses ont enrichis au cours des siècles. Au plan de la liturgie, seul Matthieu les mentionne et encore, il se contente de dire qu’ils viennent d’Orient. Il ne précise pas leur nombre et surtout, il ne mentionne pas qu’ils sont rois. Il les appelle tout simplement « mages ». Ce n’est que vers le 4e siècle que l’on annonce dans certains textes qu’ils sont trois rois, d’après le nombre et la valeur des présents offerts à l’Enfant Jésus. Ils prennent ensuite les noms de Melchior, Gaspard et Balthazar. Enfin, pour représenter symboliquement l’universalité du message du Christ, la tradition donne une nationalité différente à chacun des mages.
La coutume de la galette des Rois. Elle remonte au moins au 14e siècle. En effet, c’est à cette époque que l’on retrouve la première mention connue de cette tradition par l’évêque d’Amiens, en France. Bien que le lien entre cette coutume et la célébration des Rois mages semble direct, il n’est pas certain. On croit plutôt que les racines de cet usage remontent à l’époque romaine, alors qu’on s’amusait souvent à élire un roi pendant les festins. Popularisée à travers l’Europe, la tradition est implantée en Amérique française avec les premiers colons et la célébration est soulignée de façon traditionnelle jusqu’aux années 1960. Mentionnons qu’au Québec, dans certaines paroisses, on insère une fève et un pois dans la galette. La fève désigne le roi de la soirée et le pois, la reine.
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