traditions du temps des fêtes, chronique, paroisse Sainte-Famille de Valcourt
Dans cette chronique, nous allons parler des diverses fêtes que l’on soulignait au Québec de la Sainte-Catherine jusqu’à la mi-carême.  Elles se nomment fêtes populaires ou religieuses, fêtes de village ou soirées familiales, fêtes oubliées ou toujours célébrées… On fête souvent et parfois la célébration s’étale sur plusieurs jours. Plusieurs de ces fêtes sont encore fort populaires mais certaines sont oubliées, sorties de la tradition.
 
 
4 DIMANCHES AVANT NOËL : LE TEMPS DE L’AVENT
 
Au calendrier liturgique, Noël s’inscrit dans un cycle que l’on divise en deux temps: une période de préparation à la venue du Christ et une autre de célébration. L’Avent correspond à la période préparatoire, c’est-à-dire à l’attente de Jésus. Son nom latin adventus signifie jutement « avènement, arrivée solennelle, venue »
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La période de l’Avent commence le dimanche précédant Noël de quatre semaines. Elle débute donc toujours à la fin de novembre ou au début de décembre. Bien que qualifié de « carême d’hiver », l’Avent ne rend pas le jeûne obligatoire, à l’exception de la dernière semaine, appelée semaine des quatre-temps. Durant cette semaine, le mercredi, le vendredi le samedi et le 24 décembre avant le réveillon sont consacrés au jeûne.
retour de la messe de minuit, tradition, paroisse Sainte-Famille de Valcourt

Le retour de la messe de minuit [tiré de l’Album Nos Canadiens d’autrefois, Montréal, Granger Frères, 1923] 1919 – Edmond-Joseph Massicotte

25 DÉCEMBRE : NOËLS ANCIENS
 
Les premiers Noëls passés en Nouvelle-France ne sont guère joyeux. La rigueur des hivers, la précarité matérielle des colons et les maladies – principalement le scorbut – assombrissent cette fête. Durant cette période, à Québec comme à Ville-Marie (aujourd’hui Montréal), la fête de la Nativité est marquée par de tristes événements. C’est le soir de Noël 1635 que Champlain décède et c’est sous la menace d’une inondation, risquant de détruire les habitations, que se déroule le premier Noël à Ville-Marie. Ce n’est qu’à partir des années 1650, période où s’entame véritablement le développement colonial, que les conditions matérielles permettent enfin de célébrer Noël à sa juste mesure.
 
Sous le Régime français, Noël est avant tout une fête religieuse. Selon la tradition, les visites aux parents et aux amis pour échanger des vœux et des présents se font plutôt au jour de l’An. La fête est donc centrée sur la messe de minuit. À la suite de cette célébration, où tous admirent la crèche, nichée au cœur de la chapelle, les gens se regroupent pour célébrer autour de véritables festins et danser, parés de leurs plus beaux atours. Les colons sont réputés pour être très festifs. Cet esprit de fébrilité s’explique par le fait que Noël concorde avec la fin des durs travaux agricoles. Le temps des fêtes débute et constitue l’une des rares périodes de loisirs et de divertissements que peuvent s’offrir les habitants.
 
Après la Conquête, les Canadiens français continuent de célébrer Noël selon leurs coutumes ancestrales. C’est ainsi qu’à la campagne, la messe de minuit et le réveillon de Noël sont célébrés de façon traditionnelle jusque dans les années 30. Toutefois, au 19e siècle, l’influence grandissante de l’élite anglo-saxonne ajoute de nouveaux éléments à la célébration, comme le sapin de Noël et la légende du Père Noël. De plus, avec l’industrialisation débutant à cette époque, on voit apparaître dans les villes les premiers aspects commerciaux entourant la fête. La production à la chaîne introduit, entre autres, les cartes de souhaits et les jouets préfabriqués, de même que les catalogues des premiers magasins à grande surface. Les années 50 et 60 sonnent le glas aux Noëls d’autrefois. Le déclin de la pratique religieuse, l’éclatement des familles et la croissance constante de la consommation transforment la tradition.
 
La fête est aujourd’hui axée sur l’échange des cadeaux qui, nous l’avons vu, se faisait autrefois au jour de l’An. Cependant, les aspects forts de la célébration comme le regroupement entre êtres chers et le début d’une période de repos et de réjouissances demeurent.
 
 
 
réveillon de Noël, tradition, paroisse Sainte-Famille de Valcourt

Le réveillon de Noël [tiré de l’Album Nos Canadiens d’autrefois, Montréal, Granger Frères, 1923] 1913 Edmond-Joseph Massicotte

25 DÉCEMBRE AU 6 JANVIER : LA QUÊTE DE L’ENFANT JÉSUS
 
La Quête de l’enfant Dieu permettait de ramasser de l’argent et des dons qui seraient remis aux pauvres, mais également de procéder au recensement des paroissiens. Le curé, attendu, bénissait ses fidèles et les objets du culte, donnait les dernières nouvelles, distribuait des objets de piété aux enfants, prodiguait ses conseils et serrait la main de chacun des membres de la famille.
 
Partout, il était accueilli en grande pompe dans ses habits du dimanche, même par ceux qui craignaient un peu sa visite. La période était bonne pour sermonner les fêtards et ramener les brebis égarées dans le droit chemin ou inciter aux bonnes résolutions.
 
La visite accomplie, une collation attendait le curé et les marguilliers présents avec un «petit verre» d’usage. On chargeait les dons dans le traîneau et on poursuivait de maison en maison. Les biens ramassés seraient vendus à l’encan ou remis aux nécessiteux le plus rapidement possible.
 
La quête de l’Enfant Jésus disparut au début du XXe siècle et la visite paroissiale fut reportée à une période de l’année où le climat est plus clément. Cependant, dans certains endroits, le nom est demeuré pour désigner la quête qui se fait pendant la messe de minuit à l’église.
 
Suite le mois prochain!
quête de l'enfant Jésus, tradition, paroisse Sainte-Famille de Valcourt

La Visite de la quête de l’Enfant Jésus – Massicote Edmond-Joseph – 1914