Dans cette chronique, nous allons parler des diverses fêtes que l’on soulignait au Québec de la Sainte-Catherine jusqu’à la mi-carême. Elles se nomment fêtes populaires ou religieuses, fêtes de village ou soirées familiales, fêtes oubliées ou toujours célébrées… On fête souvent et parfois la célébration s’étale sur plusieurs jours. Plusieurs de ces fêtes sont encore fort populaires mais certaines sont oubliées, sorties de la tradition.
Carte postale ancienne, entre 1900 et 1920, sur le thème de la Saint Valentin
14 FÉVRIER : LA SAINT VALENTIN
Les origines de la Saint-Valentin sont diverses et mêlent à la fois la tradition populaire et les croyances religieuses. La Saint-Valentin est d’abord une fête chrétienne soulignant la mort de Valentin, Romain martyrisé le 14 février 270. Par la suite, le 14 février devient la date anniversaire pour l’ensemble des saints portant le nom de Valentin. Ce n’est qu’à partir du 15e siècle, que la fête religieuse devient graduellement la fête des amoureux. C’est en effet à l’époque médiévale que le récit du martyr de saint Valentin est enjolivé. On raconte alors que, peu de temps avant son exécution, saint Valentin aurait envoyé un mot à son amoureuse, la fille du geôlier, en signant « De votre Valentin ». De là naît la coutume d’échanger des vœux, appelés valentins, le jour du 14 février. Cette légende est d’autant plus populaire que la Saint-Valentin correspond au début de la période des amours chez les oiseaux. Damoiseau et damoiselle cela vous dit rien?
Mentionnons également que l’on doit à la mythologie gréco-romaine l’un des symboles forts de la Saint-Valentin, c’est-à-dire Cupidon, dieu de l’amour, appelé Éros chez les Grecs.
Il existe peu de témoignages sur ce qu’a pu être la Saint-Valentin en Amérique française, à l’époque coloniale. En fait, en Amérique, la tradition de la Saint-Valentin s’est principalement popularisée à l’époque victorienne, auprès des bourgeois anglophones du Canada et des États-Unis.
CARNAVAL MARDI GRAS CARNAVAL
Au Québec, les jours gras terminent le cycle des célébrations entamé avec la fête de Noël. Ils culminent sur la soirée du Mardi gras, constituant l’ultime occasion – outre la Mi-Carême – de fêter grassement avant le jour de Pâques. Dépendamment des régions
et des époques, cette période d’abondance débute dès le lendemain de la fête des Rois ou quelques jours avant le Mardi gras. Ainsi, à l’époque de la Nouvelle-France, les témoignages rapportent que cette période dure plus de sept jours, tandis qu’au 19e siècle, elle débute officiellement le samedi précédant la grande fête.
Les jours gras annoncent le carême, période de quarante jours avant la grande fête de Pâques, temps de pénitence et de conversion où l’on doit jeûner, s’abstenir de manger de la viande, des sucreries et autres douceurs de la table. C’est aussi un temps de restrictions où la danse et les festivités sont interdites. Les jours gras donnent donc lieu à plusieurs soirées mémorables, où l’on se gave des viandes que l’on perdrait à l’arrivée du printemps et où se multiplient les gigues et les cotillons. Le Mardi gras termine ce cycle de soirées dansantes. Il est célébré la veille du mercredi des Cendres, début officiel du carême se terminant avec Pâques. Si l’on ne respecte pas les temps de carême, on risque d’être pointé du doigt par l’Église condamnant les excès reliés aux jours gras ou, pire encore, d’être visités par le diable en personne! C’est du moins ce que racontent plusieurs légendes des 18e et 19e siècles.
Enfin, les jours gras donnent aussi lieu à plusieurs carnavals hivernaux où l’on organise des défilés et des démonstrations sportives. C’est le cas de celui de la ville de Québec, célébré depuis 1894, qui est sans doute le plus populaire, bien que la tradition se soit répandue partout en Amérique française, entre autres en Louisiane, où le défilé du Mardi gras est encore extrêmement couru. À l’inverse, le Mardi gras n’est pratiquement plus souligné au Québec.
À suivre le mois prochain!
Une veillée d’autrefois [tiré de l’Album Nos Canadiens d’autrefois, Montréal, Granger Frères, 1923] 1915 – Edmond-Joseph Massicotte
Le mardi-gras à la campagne [tiré de l’Album Nos Canadiens d’autrefois, Montréal, Granger Frères, 1923] 1911 – Edmond-Joseph Massicotte